mercredi 3 décembre 2014

Beijing - Les Cloisonnés

Lorsque l'on m'a dit que nous allions visiter une fabrique de cloisonnés, je m'attendais à voir une fabrique de briques ou l'on disposait des petites cloisons de bois en attendant de voir verser un jus ocre qui en séchant deviendrait des briques.
Et bien non, tout faux !!

Le cloisonné est en fait une technique pour réaliser des pots, vases, ou tout autre objet s'apparentant totalement à des émaux tels que nos mères les fabriquaient dans les années 70 pour s'en faire des bijoux. Je suis sur qu'une mère en particulier se reconnaîtra :)

Voici le résultat d'un cloisonné une fois terminé. Je pense que tout le monde a du voir de près ou de loin ce type de vase chinois. Que l'on apprécie ou pas le résultat est plutôt précis et soigné. non ?

Et bien nous allons visiter la fabrication de ces vases de la plaque de cuivre jusqu'à l'exposition en boutique. Voici un bref aperçu des différentes étapes de fabrication.

Et la ma surprise commence en découvrant que la structure de base est du cuivre, alors que je pensais qu'il s'agissait d'un structure en terre cuite sur laquelle serait déposée une couche de céramique ensuite peinte.

Les feuilles de cuivres sont façonnées de manière à ce qu'elles prennent la forme de cylindres de 2 cm de hauteurs et de tailles différentes. On voit à droite sur le bureau (enfin si l'on peut dire) une sorte de pyramide à gauche du vase à peine soudé avec différentes tailles de disques.

Une fois les différents disques fermés, on les soude les uns aux autres par ordre de taille pour donner la forme souhaitée. Le pot situé sur le bureau à droite de la pile de la pyramide est donc constitué d'environ une dizaines ou quinzaine de disques.

Et là bonjour le travail préliminaire.

Une fois la forme de base soudée et rapidement polie, on reproduit sur la structure un motif déjà préparé sur une feuille de papier.  

Ensuite, sont collés-assemblés à l'aide de très fines lamelles de cuivre d'environ 2 à 3 mm d'épaisseur les dessins apparaissant sur le papier calque. Une fois la structure collée, on vient la coller à son tour sur le vase.
Le travail de fourmi consiste donc à reproduire en relief à l'aide de bout de cuivre l'ensemble du motif sur le vase.
D'où les cloisons car au final, le vase se trouve avec une kyrielle de petites cellules sur sa superficie, telles des petites cloisons.

Bonjour le travail de minutie.

Que vous le croyez ou non, il faut 3 semaines pour créer un vase de A à Z.

Voila ce que donnent les vases une fois les cloisons terminées. J'avoue que j'aurai bien acheté un vase à ce stade, mais ils n'étaient pas à vendre dans cet état.

La phase suivante consiste à remplir les différentes cloisons avec de la poudre comme pour les émaux. Et là, il ne faut pas trembler sous peine de mélanger les couleurs.

Et pour que les pigments tiennent sans retomber sous forme de poudre, ils sont appliqués mélangés à de l'eau. Superbe étalage de couleurs.

Voici les structures une fois totalement remplies.

Il est recommandé de les manipuler avec précaution pour ne pas que les pigments s'échappent.

L'étape suivante consiste à passer le tout au four pour que les pigments fondent et se transforment en émaux. Le problème est qu'il faut réitérer l'opération d'application des pigments 3 fois pour que la céramique finale vienne affleurer les 2 mms de cuivres.

Une fois les opérations renouvelée 3 fois, il faut passer au polissage. Rudimentaire mais à priori efficace, même si la poussière doit voler de tous les cotés.
On pose le vase sur un axe que l'on fait tourner puis avec un chiffon semi rugueux, on fait pression sur la céramique pour la rendre toute lisse. On distingue deux postes de polissage avec les protections en arc de cercle vraiment basiques...

Et le rendu est plutôt pas mal, mais que de travail !!

On voit bien la différence avec les trois vases posés au dessus en enfilade qui ne sont pas polis et ceux autour qui l'on été.
La prochaine étape ? dorer l'intérieur du bec puis exposer en magasin. Au total, comme précisé au dessus, il faut compter 3 semaines de travail.

Les cloisonnés s'opèrent aussi sur des structures en forme de tableaux avec le même procédé.

Une fois posé au mur, on croit vraiment voir des tableaux classiques sans s'apercevoir du procédé.

Après la visite, nous avons eu droit à un repas sur site en mode totalement local.

Mais en tant que pro du maniement des baguettes, on est maintenant devenus carrossables à souhait et on mange de tout :)

Voila une bien belle visite. N'oublions pas le travail de minutie effectué dans des conditions difficiles, même si il y doit y avoir d'autres pays ou les conditions doivent pouvoir être bien plus difficiles.


mardi 2 décembre 2014

Beijing - The Great Wall of China..

Ça y est, le jour J tant attendu est arrivé. La météo n'annonce pas forcément un bleu éblouissant, mais en tous cas nous n'aurons pas de pluie ni de vent. Il y a fort à présager que pendant cette saison d'automne, les couleurs seront "Flamboyantes".
Et nous ne serons pas déçus.

Après un réveil matinal et un peu plus de deux heures de routes dans notre mini van, nous voici arrivé au camp de base au pied de la première grande chaîne de montagnes.

Sophie nous conte que la muraille est accrochée au sommet des crêtes les plus hautes, ce qui me semble un peu exagéré. Pour moi, pourquoi aller construire une muraille sur les sommets alors qu'il serait tellement plus simple de la construire dans la vallée. Mais en raisonnant stratégie militaire, le haut des crêtes permet effectivement de dominer l'arrivée des assaillants et de les laisser se fatiguer avant de pouvoir accéder au sommet avant de laisser les armes parler.


Mais un coup de zoom me fait apercevoir des constructions humaines ne laissant aucun doute aux dires de notre guide.

Une première ascension à pied nous met face à la réalité d'une chine moins occidentalisée. Les animaux sont toujours et encore des moyens de transports largement utilisés, comme au temps de la construction de la muraille. 

Mais il ne faut pas oublier que la muraille a aussi été faite à la sueur des hommes.

Première étape franchie et il est temps de continuer notre périple par notre deuxième moyen de transport.

 Et oui, le télécabine !!

C'est parti pour le grand frisson des yeux... d'ici quelques minutes.

En chemin, nous commençons déjà à imaginer le serpent de pierre circulant par delà les monts et sommets.

Une fois arrivé, le spectacle est absolument superbe. Couleurs et ambiance nous envoutent. le saut dans le passé, quelques 1000 ans en arrière est immédiat. Facile d'imaginer les soldats chinois sur la muraille observant l'horizon jours et nuits, avec quelques torches pour alerter les postes de garde, à l'affût de la moindre attaque mongole ou ennemie.

Il a fallu 2000 ans de construction et restauration continue pour ériger ce rempart de 5 mètres de larges par 10 mètres de haut permettant de laisser passer 4 cavaliers et leurs chevaux de front et ceci sur plus de 6000 kilomètres. Le délire....

Là, je dois dire que le respect est venu directement en tête. Alors je vous laisse regarder sans commentaires...

Les marches sont toutes de tailles et largeurs différentes ce qui rend et devait rendre les kilomètres éprouvant.
Des plates...

Des hautes, voire très hautes.

Des lisses, devant être une vraie patinoire en temps de pluie, ou à l'époque la semelle anti-dérapante ne devait pas exister, même pas en rêves.

Tel est pris qui croyait prendre.

Visite prenante qui à elle seule à rempli d'émotion notre semaine sur Beijing. Difficile de décrire ce que nous avons tous ressenti. En tous cas frissons garantis, aussi bien pour les grands que pour les petits.

La muraille est parsemée de petits forts tous les 200 à 400 mètres qui servaient de poste d'observatoire mais aussi de simili salle de repos pour les guetteurs et soldats de faction.

Une question me travaille d'ailleurs : comment se faisait le ravitaillement en nourriture tout du long de ces 6000+ kilomètres. La logistique devait être organisée de manière efficace. Ça c'est une certitude.

Allez, la visite s'achève et il faut malheureusement laisser ici les histoires de guerres du passé. très beau moment, fort en émotion.